Education sentimentale d’un Baby Boomer [Le Lauréat, Mike Nichols, 1968]

Le Lauréat

En 1966, Mike Nichols signe le thriller Qui a peur de Virginia Woolf et offre par la même occasion l’Oscar de la meilleure actrice à Elizabeth Taylor. Deux ans plus tard, Nichols confirme son talent précoce de metteur en scène avec son deuxième long métrage, Le Lauréat.

Emportant cette fois-ci l’Oscar du meilleur réalisateur, Nichols propulse au rang de star le tout jeune Dustin Hoffman. Son personnage de Benjamin Braddock est symptomatique de la fin des années 1960, de la génération des Baby Boomers. Alors que les Beatles sortent l’album Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band et qu’Antonioni remporte la Palme d’Or, les jupes se raccourcissent et la pilule contraceptive va bientôt atterrir sur les marchés. Au milieu de tout ça il y a Benjamin, un Baby Boomer qui refuse tout de go le moule dans lequel on voudrait le contraindre à devenir adulte.

Benjamin, le brillant Benjamin vient de finir ses études dans son costard étriqué, avec sa timidité maladive et ses états d’âme cafardeux. Le voici, le gendre idéal de 1968?! Pour papa-maman, oui. Pour la routine politique et morale, oui. Pour la société américaine autiste, oui. Mais pour toute sa génération dont il est le porte-parole, nenni. Benjamin va narguer toute la morale de l’époque en se faisant dépuceler par Mrs.Robinson, une amie de ses parents puis en tombant amoureux de sa fille, Elaine.

Mike Nichols brave le puritanisme hollywoodien en tirant le portrait acide d’une société asphyxiée, comme le montrent tous les plans où Hoffman est filmé dans des bulles, à travers un aquarium, perdu dans l’immensité de la piscine ou enfermé dans sa décapotable sous la pluie.

Ce portrait de deux générations qui s’affrontent sur des terrains très divers – le sexe, les études, la foi, la course à la reconnaissance sociale – ne construirait pas Le Lauréat sans sa magnifique BO signée Simon et Garfunkel, sans son montage bluffant d’habileté ni sans ses acteurs alors inconnus à tomber par terre.
Crevant l’écran, Dustin Hoffman transpire beaucoup face à Anne Bancroft, parfait modèle de la femme cougar, et tous deux incarnent leurs personnages à la perfection.

Le Lauréat est incontournable pour sa vision de la société américaine de l’époque mais également pour prendre plaisir à suivre les tribulations de ce jeune maladroit incarné par la future star que l’on connaît dans les décennies suivantes.

 

Aimée Le Roux

 

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