Femme obstinée, femme passionnée [La Chatte sur un toit brûlant, Richard Brooks, 1958]

La Chatte sur un toit brûlantTennessee Williams était devenu fou de rage lorsque, sur le tournage d’Un tramway nommé Désir, la censure avait refusé que Vivien Leigh avoue avoir poussé son mari au suicide parce qu’il était homosexuel. La censure sévira encore et pour les mêmes raisons, six ans plus tard, pour une autre adaptation de l’une de ses pièces, La Chatte sur un toit brûlant.

Si l’intrigue en est malheureusement affadie, il n’empêche que Richard Brooks a magistralement réussi sa mise en scène en posant Elizabeth Taylor comme la star de cette œuvre et de cette décennie. Car la femme fatale et volcanique de sa génération, c’est elle. Actrice au tempérament de feu et à la beauté délicate, elle joue constamment en équilibre entre la force et la vulnérabilité. Si quelques jours après le début du tournage elle perdit son second mari, l’un des plus grands mythes du cinéma revint un beau jour. Et d’un coup, elle donna tout, dès la première prise. Car Elizabeth Taylor joue à l’instinct.

En même temps qu’elle dégage une charge érotique à la limite du supportable pour le code Hays, la Diva aux yeux violets incarne à la perfection l’épouse de Paul Newman constamment repoussée. Dans cette belle-famille réunie pour l’anniversaire de Big Daddy, patriarche autoritaire et en route pour le cimetière, Maggie se débat entre les manigances d’héritage et l’alcoolisme de son mari. Car Maggie a trop de force vitale pour baisser les bras. Elle veut la plantation et le lit de Brick.

Dans un huis clos familial et étouffant, Elizabeth Taylor apporte à son personnage toute la passion hollywoodienne et tempétueuse qui fait d’elle un véritable volcan de désir. La moiteur sensuelle et désespérée de l’œuvre de Tennessee Williams transpirent devant la caméra de Richard Brooks. Il sait filmer l’appétit féminin. Elizabeth Taylor, taille si serrée et décolleté si offert, est l’incarnation idéale de cet appel charnel auquel Paul Newman ne peut résister… Et nous non plus.

Aimée Le Roux

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