Le succès se récolte dans la mafia [Le Parrain, Francis Ford Coppola, 1972]

Le parrain

1972 est l’année où Marlon Brando relance sa carrière alors en berne. Adoptant une gueule de bouledogue grâce à des mouchoirs calés dans la bouche, il s’est métamorphosé en Vito Corleone. Qui d’autre à part lui aurait pu être le Parrain en chaire et en os de Mario Puzo?

Le jeune Coppola l’a parfaitement filmé et Brando a retrouvé tout son talent. Tapi dans l’ombre de son mystère et de sa puissance, pendant que sa fille se marie de l’autre côté de la fenêtre, le Parrain reçoit éloges, pardons, remerciements, supplications. D’emblée, les règles du jeu sont fixées: de part et d’autre de son bureau, de part et d’autre de la fenêtre, l’affrontement restera omniprésent.

Le Parrain a pour thématique principale l’héritage, le lègue qui prend la forme d’un face à face permanent. La mise en scène minutieuse et remarquable de Coppola est construite comme un duel constant. Face à face entre familles, entre tueurs, duels de mots et de sous-entendus… Coppola s’amuse de ces duos mortifères joués dans la pénombre sale d’un bar entretenant un faux suspense, dont l’issue est toujours quasiment certaine.

Mais si Vito Corleone est le personnage justifiant l’existence du film (le Macguffin selon Hitchcock), c’est bien Michael le personnage principal de l’œuvre. Le jeune Al Pacino, grâce à ce rôle, va dès lors connaître la gloire. Ce bel homme aux bras de sa fiancée, souhaitant plus que tout se tenir à l’écart des affaires de la famille, débarque en tenue de soldat. Et détonne parmi les costumes sur-mesure et robes à froufrous. Ça pour détonner Michael détonnera encore et encore! Bientôt rattrapé par la longue spirale menant aux enfers, sa vie bascule lorsqu’il doit appuyer sur la gâchette lors de la célèbre scène du restaurant…

Francis Ford Coppola réalise ici un véritable coup de maître puisqu’il s’agit de l’adaptation du best-seller sorti deux ans auparavant, et qu’il a traversé bien des obstacles depuis la mise en chantier jusqu’au tournage. A 33 ans, non seulement il remit la carrière de Brando sur les rails, mais en plus il déclencha la carrière d’Al Pacino et la sienne. D’une pierre trois coups! Une telle prouesse méritait bien deux suites!

Aimée Le Roux

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