Mads Mikkelsen la consécration [La Chasse, Thomas Vinterberg, 2012]

la chasse

Mads Mikkelsen. Retenez bien ce nom. C’est celui d’un géant du grand écran, d’un caméléon qui sait tout faire. Il est le Marlon Brando des années 2000, le Maestro qui flanque une bonne leçon à tous les acteurs du monde entier. Mads Mikkelsen, un Danois de 47 ans, humble et sans égal, est une véritable perle précieuse, rare et unique. Et c’est naturellement qu’il reçut le prix à Cannes pour son personnage de Lucas dans La Chasse de Thomas Vinterberg.

Ce père quadragénaire, qui souffre déjà d’un divorce difficile, voit toute sa vie s’effondrer le jour où il est accusé à tort de pédophilie. Lui, un instituteur dévoué et aimant, plonge soudainement dans la tourmente. La rumeur se répand comme la peste et Lucas est mis au ban de la société. Désemparé par l’ampleur de l’affaire, il trouvera la force d’y faire face. Lucas, c’est un rôle taillé sur mesure pour Mikkelsen, acteur borderline d’une intensité à la limite du malsain et d’une étrangeté qui le fait sans cesse balancer entre l’ange et le démon. Thomas Vinterberg a trouvé en lui le haut de l’affiche qui manquait à sa filmographie.

Anti-thèse de Festen, La Chasse signe le grand retour de Vinterberg et la consécration de Mikkelsen. Un récit fort et subtil noue et dénoue l’ensemble des personnages qui laisse sans cesse pressentir une catastrophe. Un malaise ambiant plane dans chaque scène, et le rythme calibré ne laisse aucun répit. Ce drame psychologique prend ainsi la forme d’un thriller haletant, troublant et oppressant. L’histoire, qui pourrait être celle d’un fait divers, atteint son paroxysme lors de la sublime scène de l’église réalisée au scalpel: Mikkelsen joue avec une telle puissance qu’il épouse l’âme de Lucas. Il s’est muté en Lucas.

Habitué aux rôles dérangeants et dérangés, le ténébreux Mads est monumental dans cette descente aux enfers sous forme de chasse à l’homme. On se croirait dans un récit kafkaïen où LuKas est pris au piège par un mensonge et par la mauvaise interprétation de la part du corps enseignant… Un véritable cauchemar.
La Chasse accuse avec finesse et intelligence la sacralisation de la parole de l’enfant. Le cinéma français a beaucoup à apprendre du cinéma danois, tant dans la réalisation que dans le jeu d’acteur. Prenons exemple sur Mads Mikkelsen.

Aimée Le Roux

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