L’Ellen et la Bête [Alien le huitième passager, Ridley Scott 1979]

Tout est calme à bord du navire spatial  le « Nostromo ». Les membres de l’équipage dorment paisiblement dans une biostase et rien ne semble pouvoir les perturber. Pourtant, l’ordinateur de bord détecte des traces de vies extraterrestres sur une planète inconnue, nommée LV-426. Trois membres de l’équipage s’aventurent à pied vers la source du signal… Un peu trop curieux, ils osent s’enfoncer dans l’épave d’un vaisseau spatial. Le Lieutenant Ripley (Sigourney Weaver), restée sur place, comprend que le signal reçu est en fait un message d’avertissement. Les premiers désaccords apparaissent entre elle et l’officier Ash, dont  la sécurité du vaisseau ne semble pas trop le préoccuper. De son côté, l’officier Kane s’engouffre dans une salle où sont disposés des œufs énormes. Entre stupeur et fascination, il s’approche de l’un d’entre eux quand l’œuf éclot et éjecte une créature qui s’agrippe à son visage…

Premier film d’une saga qu’on ne présente plus, Alien, le 8ème passager, met en scène une héroïne hors du commun : Ellen Ripley. Incarnée par une Sigourney Weaver à la peau lisse et fraîche, ce lieutenant est la Femme qui résiste à l’autorité masculine, se situant dans un entre-deux à l’image de la situation politique des Etats-Unis : entre Jimmy Carter et Ronald Reagan. En effet, son immense corps androgyne faite la transition entre les héros cinématographiques de la guerre du Vietnam et ceux qui suivront : les femmes. Alien, le 8ème passager est LE film prémisse des femmes violentes au cinéma américain, personnages qui feront profusion dans les décennies suivantes. Oui, on peut le dire, Ripley est la mère de Clarice Starling, de Thelma et Louise, et de Sarah Connor entre autres. Bref, Ellen Ripley est l’alternative des supers-héros à la musculature saillante.

Mais le deuxième long-métrage de Ridley Scott va beaucoup plus loin. S’il renouvelle le genre épouvante-horreur, il manie avec brio un rythme narratif en crescendo et des décors époustouflants. Bravo à Nick Allder, au concepteur Michael Seymour et à une équipe technique magistralement dirigée par Roger Christian!

Se servant des mêmes techniques que celles utilisées dans Les Dents de la mer de Spielberg – un sentiment de peur provoqué par la suggestion et non la pleine vision de la bête-, Scott crée une lente montée en tension coupée de soubresauts qui nous tiennent en haleine… Un rythme narratif minutieusement ficelé vient ainsi compléter des décors labyrinthiques qui aujourd’hui encore nous stupéfient. En résulte une oeuvre presque indatable, où seule Sigourney Weaver semble venir d’un autre temps…

Aimée Le Roux

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