Génération post-nazis cherche son identité [Qui d’autre à part nous, Andres Veiel, 2011]

« Comment grandir alors que mon père était nazi ? » Gudrun, jeune étudiante allemande face à son avenir d’institutrice, n’arrive pas à l’accepter. Elle et toute sa génération post-Seconde Guerre mondiale portent ce poids historique sur leurs épaules et doivent « faire avec », comme lui répond son père.

Cette histoire méconnue s’attache à la genèse de la bande à Baader, de ces militants extrémistes Gudrun Ensslin et Andreas Baader. Et pose la question du « pourquoi ? ». Andres Veiel, venant tout droit du documentaire, intercale de courtes séquences d’archives vidéo rappelant les grands événements de l’époque. Remise en contexte faite, c’est sans les juger que Veiel montre la jeunesse de Gudrun et de son mari, Bernward Vesper.

Des poils sous les bras, des pulls façon serpillère, Qui d’autre à part nous est une œuvre de génération : l’adultère n’était pas le vice de Bernward, mais plutôt celui d’une génération toute entière prête à tout pour « mieux faire passer » la décennie précédente. Gudrun et Andreas, deux amants qui se donnent corps et âmes pour un même idéalisme ne sont pas à blâmer : ils sont victimes de leur temps. D’un temps où l’Allemagne était encore coupée par le rideau de fer et vivait ses années de plomb.

Une œuvre méconnue qui se veut le contrepoint plus intime de La Bande à Baader d’Uli Edel (2008), pour tenter de comprendre toute une époque qui n’est pas si lointaine que ça.

Aimée Le Roux

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