Hommage aux mille et une facettes [Cloclo, Florent Emilio Siri, 2012]

Les biopics sont à la mode. Généralement, ils se divisent en deux catégories : artistique ou historique. La Môme et La Dame de fer par exemple, font partie des biopics artistiques tant ils font preuve d’un montage et d’une esthétique raffinées, alors que Les Runaways et Frida quant à eux se résument plus simplement à un ensemble d’informations historiques sur leur sujet. Et puis à côté il y a ceux qui arrivent brillamment à lier les deux, comme Anonymous, rendant ainsi une œuvre complète, aussi bien sur le plan historique qu’artistique. Et Cloclo fait partie de ceux-là.

Sur un scénario de Julien Rappeneau (fils de Jean-Paul), Florent Emilio Siri rend hommage à Claude François. Star adulée, artiste maniaque, homme à femmes, patron de presse, machine à tubes, père de famille et frénétique business man. Tout ça à la fois. Telle une boule à facettes, Cloclo nous offre l’incroyable portrait d’un homme complexe.

Né pendant la Seconde Guerre mondiale, Claude François incarne cette génération qui se heurte aux idées préétablies, aux vieux concepts, à l’ordre moral. Avide de rébellion, le jeune Claude traverse trois décennies d’Histoire avec celles de la musique. Siri nous fait traverser les années 1950 à 1978, du rock ’n roll à l’avènement du disco en passant par les années yé-yé. Les décors flamboyants, les costumes à paillettes, les couleurs rendues chatoyantes par Giovanni Fiore Coltellacci participent pleinement à ce voyage dans le temps. Le directeur de la photographie nous offre une pellicule nette, aux couleurs vives sous des spots jaunes et blancs et nous en met plein les yeux.

Et si le rythme narratif est à l’image de la vie du protagoniste, effréné, c’est pour mieux souligner l’homme tourmenté derrière l’artiste moderne. Cette peur de l’échec qui envahit peu à peu chacune de ses facettes, tournant dès lors à l’obsession, est le véritable moteur de sa carrière. Claude François, prêt à tout pour se faire aimer, est perfectionniste, maniaque, colérique, possessif et jaloux… Bref voilà des défauts qui pourtant ne gâchent en rien la sympathie du spectateur envers lui !

Mais Cloclo c’est également une direction d’acteurs impressionnante. Aucune fausse note, aucun raté, les acteurs ont été minutieusement sélectionnés pour un résultat sensationnel. En tête d’affiche, l’enfant des Dardenne qui a bien grandi. Jérémie Rénier a fait son chemin et se révèle aujourd’hui comme un immense acteur. Il chante, il danse, il est le sosie, le jumeau, il est Claude François. Les autres, Benoît Magimel en Paul Lederman, Monica Scattini en mère de Cloclo, Ana Girardot en Isabelle Forêt… sont tous méconnaissables et fous de ressemblance avec leurs personnages.

Self-made man odieux mais habile dans ses choix de carrière, Claude François peut dire merci à Florent Emilio Siri qui met à la porte Gainsbourg – (vie héroïque), The Lady ou encore Control. Alliant vie de star et vie privée, Cloclo est un biopic étonnamment complet sur cette icône des années 1960-1970. Chapeau bas l’artiste !

Aimée Le Roux

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