Sans une seule ride [La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock, 1959]

 

2011 vient de commencer.  Nous y sommes. Hé oui ! tout le monde a pris une ride. Tiens c’est marrant, cela me fait penser à l’anecdote concernant la fin de la collaboration entre James Stewart et Alfred Hitchcock. Trop de cheveux blancs, et voilà notre homme qui n’en savait pas assez sur Madeleine Elster évincé par Sir Hitchcock. Vous avez dit goujat?! Oh! N’est-il pas beau dans les habits de l’avocat Paul Biegler dans Autopsie d’un meutre?  Alors laissons-le chez Preminger, et revenons-en à … Cary Grant. Pas un seul cheveu blanc, mais une tignasse brun corbeau. Nous sommes en 1959, c’est aussi la dernière fois que les deux hommes travaillent ensemble. Et toc ! histoire de commencer l’année en beauté, quoi de plus alléchant que de regarder le fruit de leur union immortalisé dans La Mort aux Trousses!

La Mort aux Trousses… Ou deux heures et quart de suspense sur le plongeon d’un homme ordinaire embarqué dans des circonstances extraordinaires. Roger Thornhill est pris pour George Kaplan, un espion poursuivi par la police, et le voilà qui s’improvise agent de contre-espionnage… annonciateur d’une révélation des plus surprenantes! Mais promis ! Rien ne sera dévoilé aux rares amateurs de Sir Alfred qui n’auraient pas encore vu ce petit bijou du genre et encore mois aux autres.

La succession de séquences d’anthologie est presque ininterrompue. Toutes sont écrites à la lettre près par Ernest Lehman ( West Side Story, La Mélodie du bonheur, oui c’était lui le scénariste) qui travaillera de nouveau avec le Maître pour son dernier film, Complet de famille en 1976. Il signe ici son premier gros succès de plumitif et l’un de ses rares scénarios originaux. Qui n’a pas en mémoire le début kafkaïen cher au maître lorsque Thornhill est kidnappé par deux hommes et que tout dérape, que l’ordinaire bascule dans l’extraordinaire ?

Dans ce film d’espionnage, comment oublier Cary Grant escaladant la maison Vandamm conçue par l’équipe de décorateurs du film à la demande du cinéaste ? En effet, cette maison n’a jamais existé, il s’agit d’un décor partiel construit à côté des studios et inséré dans les plans de paysages.

Mais la scène qui caractérise le plus cette pièce hors norme reste celle où Thornhill pense avoir rendez-vous avec l’agent fantôme Kaplan en rase campagne. Il se retrouve alors en proie à un petit avion qui le mitraille. Toute la séquence constitue un condensé de l’art et du génie d’Hitchcock. La Mort aux trousses est un film sur l’espace: le cinéaste est en pleine possession de son art en déviant ainsi les codes du film noir classique américain. Aujourd’hui, il est impossible, impensable de revoir cette séquence sans penser à Arizona Dream d’ Emir Kusturica où Vincent Gallo se moque du jeu de Grant dans la salle de cinéma…

Bref, n’ayons pas peur des mots, un chef-d’œuvre alliant à la perfection l’action et le suspense, l’amour et l’humour. A voir et à revoir, absolument. Et en plus, les costumes sont d’époque et les effets spéciaux aussi!

Aimée Le Roux

Pour en savoir plus sur ce film

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